L’histoire de FUBU remonte à la rencontre dans un lycée parisien de Michel SIKIOTAKIS et de David SIMON, qui possédait une bombarde bretonne et ils apprirent à en jouer ensemble sur le parvis de la gare Montparnasse, fief des bretons de Paris et seul endroit où ils pensaient ne déranger personne ! En 1975 ils se mirent à faire la manche sur leur lieu d’entraînement. Leur duo attira spectateurs et musiciens, provoquant rencontres, échanges et bœufs, donnant ainsi naissance à de grandes amitiés et plus tard au groupe FUBU.

Au gré des rencontres, le groupe prenait des allures de big-band avec guitare électrique, deux guitares sèches, deux bombardes, une cornemuse, etc... Richard LAILLIER au bodhrán puis à l’épinette des Vosges, Thierry MIREBEAU à la cornemuse écossaise et aux flûtes, puis à la cabrette, sont de ceux qui se sont joint au groupe à cette époque. Cette bande, qui n’était pas encore un groupe, intégrait dans sa musique une vitalité, une pèche, une énergie, qui interpellait le public et l’incitait même à danser, provocant une animation inhabituelle sur le parvis de la Gare Montparnasse. David SIMON suggéra en 76 de baptiser le groupe du nom de « FUBU », signifiant moustique ou moucheron en breton. Ce qui permis le désastreux jeu de mots entre les « musiciens typiques » et « musiciens qui piquent ».

C’est en animant un stand de la Fête de l’Humanité que Michel et Thierry furent réveillés par les sons d’un accordéoniste, ils firent alors la connaissance de Gilles POUTOUX et lui proposèrent de rejoindre le groupe. Gilles ne jouant pas de musique bretonne, le groupe changea de répertoire. Et c’es sous l’impulsion de Gilles que Thierry MIREBEAU délaissa la cornemuse écossaise pour la cabrette auvergnate. Ensuite, FUBU fut renforcé pendant deux saisons par Jean-François VROD, violoniste amoureux des musiques de violon du Massif Central, qui accentua encore la nouvelle direction musicale du groupe. C’est à cette époque que Thierry commença à apporter au groupe la plupart des compositions.

Jean-Luc GUENEAU joueur de vielle originaire de la Nièvre monta en 1980 à Paris. Seul musicien du groupe de formation traditionnelle, il apprit cet instrument dès 12 ans avec Bernadette ÉGRELON. C’est au Folk-Club « Le Bourdon » qu’il fît la rencontre de Gilles POUTOUX, qui lui fit d’abord des remarques sur les réglages de sa vielle !

C’est grâce à un disque de compilation de musique du monde que quatre premiers titre de FUBU furent publiés en 1981. Le groupe réalisa ensuite une cassette en 1984 qui reçu un bon accueil, dépassant le cercle de leur public, et étant chroniquée dans des fanzines folk français et étrangers. Cependant, cette période était aussi celle du déclin du folk. Le magazine « l’Escargot Folk», véritable institution, avait déjà cessé son activité. La grande vague des années 70 disparaissait, le grand public délaissant ce style.

C’est au départ de Gilles POUTOUX que Jean-Christophe LEQUERRÉ le remplaça à l’accordéon. Michel proposa ensuite d’intégrer Emmanuel DELAHAYE qui ajouta une touche moderne à FUBU par ses parties de synthétiseur. Avec lui, ils travaillèrent à l’élaboration des titres de leur nouveau répertoire et de l’album qui sortit en juillet 86. Parmi les treize titres de cet album, cinq sont basés sur des rythmes du Centre de la France, trois « bretons » et cinq « inclassables ». Par rapport à la cassette de 1984, de nouveaux instruments apparaissent : fifre, bombarde, mais aussi synthétiseur, boite à rythmes et basse. Une place plus importante est accordée aux compositions originales. L’album, auto-produit, fut distribué par le jeune label breton Adipho, en même temps que le premier disque du très fameux groupe Gwerz.

Le groupe se mit en sommeil fin 88, la plupart des musiciens de Fubu continuant une activité musicale. Ainsi Jean-Luc GUENEAU intégra LE GOP, Gilles POUTOUX rencontra le violoniste Vincent BLIN, Jean-Christophe LEQUERRÉ apprit le piano et monta un duo de musique irlandaise avec Gilles POUTOUX, Emmanuel DELAHAYE continua d’animer les pubs irlandais parisiens, Michel SIKIOTAKIS forma le groupe de musique irlandaise TAXI MAUVE puis intégra MUGAR un groupe mélangeant musique berbère et musique celtique.

Malgré l’éloignement géographique des musiciens et les années écoulées depuis la création du groupe (23 ans déjà !), le groupe continue d’être invité, comme en 1996 au Festival de Ris-Orangis.

Paris, juillet 1998.